Bonsoir à toutes et à tous,
Ce dimanche 27 septembre 2009, la 10ème circonscription des Yvelines a de nouveau envoyé un message fort à la majorité présidentielle.
Au premier tour de cette élection (la toute première pour le Parti Pirate, sans tracts ni affiches), notre formation avait déjà réalisé une performance inattendue en recueillant 2,08% des suffrages. Les deux candidats restant en lice avaient d’ailleurs déclaré partager nos valeurs, notamment dans notre opposition à la loi HADOPI.
Préservant notre indépendance et notre authenticité, nous avions alors refusé de donner des consignes de vote. Nous avions simplement rappelé à nos électrices et électeurs que lors du vote de la loi HADOPI le député sortant Jean-Frédéric Poisson s’était contenté de s’abstenir, alors que, fidèle à la ligne de son parti, la candidate des Verts Anny Poursinoff était fermement et activement opposée à cette loi.
Depuis longtemps nous avons averti nos élus que le vote de telles lois peut peser lourdement sur les échéances électorales. Le résultat de dimanche nous en apporte une preuve éclatante. Dans cette circonscription historiquement acquise à l’UMP (il y a à peine quelques années, Christine Boutin y était élue au premier tour avec 60% des suffrages), le scrutin d’aujourd’hui est un coup de théâtre : son successeur est pratiquement à égalité avec la candidate de l’opposition.
Les premiers résultats ne lui accordent que… 5 voix d’avance. À titre de comparaison, ce chiffre (s’il devait être confirmé) ne représente qu’un centième des voix obtenues par le Parti Pirate au premier tour.
Un tel résultat ne peut que nous conforter dans nos convictions. Si Jean-Frédéric Poisson avait suivi Nicolas Sarkozy et voté en faveur de la loi HADOPI, nos électeurs l’auraient plus sévèrement sanctionné dans les urnes, le conduisant à perdre son siège. A contrario, s’il avait effectivement voté contre HADOPI au lieu de s’abstenir, son avance aurait été plus conséquente.
Le décompte définitif des bulletins effectué à la Préfecture lundi matin ne changera pas l’enseignement à tirer de ce dimanche, quelle qu’en soit l’issue : les citoyens sont loin d’approuver les lois édictées par la majorité, et le positionnement des députés sur les sujets dont nous sommes spécialistes, notamment des lois comme HADOPI, jouera un rôle crucial lors des prochaines élections.
L’agenda législatif nous réserve de nouvelles lois d’une gravité toujours accrue : la loi LOPPSI, ou les prochains avatars de l’acharnement HADOPI (dont la saga est loin d’être terminée, une nouvelle censure du Conseil Constitutionnel n’étant d’ailleurs pas à exclure). Mais par ce scrutin, les parlementaires ont reçu un message fort de la part des citoyennes et citoyens, qui veulent une nouvelle fois exprimer leur rejet profond de lois qui malmènent la démocratie en violant les libertés d’expression et de communication, le droit à la vie privée, ou encore la présomption d’innocence.
Les citoyens français nous montrent aujourd’hui combien ils veulent préserver leurs libertés civiques ; il est plus que temps de les écouter.
Les citoyennes et citoyens du Parti Pirate