Bonjour à toutes et à tous,
Dans le cadre du vote prochain de la loi dite HADOPI, que nous appelons à rejeter, nous souhaiterions résumer ici en quelques articles ses aspects les plus graves.
Dans un premier temps nous tenons à corriger quelques idées reçues.
On prétend ces derniers temps que l’industrie du divertissement est en crise, mais cette affirmation est erronée. Il ne s’agit pas d’une crise mais d’une mutation, et la nuance est très importante. Si crise il y a, c’est celle des supports physiques, comme le disque.
Lorsque les industries musicales, par exemple, annoncent que leur chiffre d’affaire baisse, elles se gardent de préciser que c’est avant tout la part des frais d’édition des disques qui disparaît. Avec la révolution Internet, la baisse des ventes de supports physiques s’accompagne en effet d’une hausse des revenus générés par les ventes au format numérique, ou encore une augmentation des droits perçus sur les nouveaux médias comme les plates-formes de streaming.
Et ces nouvelles sources de revenus qui se développent avec Internet demandent des frais beaucoup moins importants que les supports physiques. La raison en est que la distribution de copies numériques se fait à un coût pratiquement nul, quand la gestion de stocks de disques entraîne d’importantes dépenses et le passage par plusieurs intermédiaires avant d’arriver en rayons.
Il ne faut pas se baser sur le chiffre d’affaire, qui diminue donc avec la disparition de ces frais sur les supports physiques, mais sur les bénéfices. Et ceux-là n’indiquent absolument pas que l’industrie musicale soit en crise : certaines majors enregistrent ainsi des revenus records.
Les montants reversés aux artistes par la SACEM, en augmentation chaque année, sont une autre preuve que l’apparition d’Internet ne leur a pas nuit.
Le postulat selon lequel le téléchargement illégal entraîne une baisse de revenu est injustifié. Plusieurs études indépendantes ont été menées sur le sujet, y compris par des pays comme le Canada ou les Pays-Bas, et toutes concluent que cette pratique n’a globalement pas un effet négatif sur l’économie. Les plus gros « pirates » sont souvent aussi ceux qui dépensent le plus.
Depuis cinquante ans qu’on nous répète que le piratage va tuer l’industrie du divertissement à chaque révolution (cassette, magnétoscope…) ce préjugé est très répandu, mais les faits sont là : le téléchargement illégal ne nuit pas aux artistes.
Rappelons par ailleurs que beaucoup d’entre eux sont découverts grâce au téléchargement et à l’accès libre à leurs œuvres. Ils sont ainsi de plus en plus nombreux à proposer une partie ou l’intégralité de leur production sous des licences libres, permettant une plus grande liberté d’utilisation que le droit d’auteur habituel. Nous y reviendrons dans un prochain article.
HADOPI est donc basée sur un faux constat au départ, car le libre échange de biens culturels hors circuit commercial ne nuit pas à la rémunération des artistes, et car la culture n’est pas en crise mais en mutation. Une évolution que l’on s’efforce de retarder, au lieu de s’adapter et de faire profiter les artistes des multiples possibilités offertes par Internet…
Maxime ROUQUET
candidat pour la 10ème circonscription des Yvelines
courriel : maxime.rouquet@partipirate.org