Lors du premier tour de l’élection législative partielle de la 10ème circonscription des Yvelines, le Parti Pirate, représenté par Maxime Rouquet, suppléé par Laurent Le Besnerais, a obtenu 2,08% des suffrages.
Nous tenons à exprimer tous nos remerciements à celles et ceux qui nous ont aidés et soutenus tout au long de cette première campagne. Et nous remercions tout particulièrement celles et ceux qui se sont déplacés jusqu’aux urnes et ont voté pour le Parti Pirate hier, dimanche 20 septembre 2009.
Alors que son existence était peu médiatisée il y a trois semaines, et malgré des moyens très limités pour cette première campagne, les citoyennes et les citoyens ont exprimé leur soutien aux idées défendues par le Parti Pirate.
Ce coup de semonce électoral n’est que le premier avertissement en direction d’un gouvernement qui traite par-dessus la jambe les questions technologiques qu’il prétend maîtriser.
Plutôt que d’adapter la législation au développement de la technologie et d’Internet, et plutôt que de libérer l’accès à la culture et chercher de nouveaux modes de rémunération pour les artistes, la majorité a choisi de pérenniser un modèle économique caduc afin d’assurer les rentes scandaleuses des industries du divertissement, avec des lois comme DADVSI et HADOPI.
Pourtant de nombreuses voix se sont élevées contre cette politique qui porte atteinte aux libertés d’expression et de communication des citoyens. La coupure d’accès à Internet sans recours suspensif n’en est qu’un exemple.
On passe de la présomption d’innocence à une présomption de culpabilité, reposant, qui plus est, sur des preuves factices comme l’adresse IP.
On ne peut se défendre contre l’Hadopi qu’en acceptant d’être surveillé par l’entremise d’un spyware (mouchard) gouvernemental sur nos ordinateurs.
Cette loi est une atteinte aux valeurs intrinsèques de notre démocratie.
Malgré les 55.000 signataires de la pétition du magasine SVM, les critiques de groupes comme la CNIL*, l’ARCEP*, l’ISOC*, Free, le CEPD*, le Parlement Européen, la Commission Européenne, l’UFC-Que Choisir, la Quadrature du Net, le GESTE*, l’ACSEL*, l’ASIC*, l’APRIL*, ou encore celles de nombreux artistes qui se sont exprimés publiquement contre le système de la Hadopi*, certains jusque dans une lettre ouverte*, nombreux sont les parlementaires qui ont persisté dans leur soutien à ces mesures attentatoires aux libertés et aux droits fondamentaux.
Le Conseil Constitutionnel du 10 juin 2009 avait censuré la loi HADOPI 1.
La leçon n’a pas été retenue et la loi HADOPI 2 a réintroduit, sous une forme à peine édulcorée, tout ce qui avait été rejeté par ledit Conseil.
De nouveau, des dizaines de milliers de foyers et d’entreprises sont à la merci de cette loi inique et des coupures d’accès aléatoires.
Le dimanche 20 septembre 2009, pour la première fois, les citoyens ont pu exprimer clairement, armés de leur bulletin, leur attachement aux valeurs auxquelles la loi Hadopi porte atteinte, et voter en faveur d’un nouveau code de la propriété intellectuelle conforme à l’évolution de la société et des nouvelles technologies.
Le vote de dimanche prochain opposera la gauche, unie derrière la candidate des Verts (20,15 + 12,44 + 9,58 + 4,72 = 46,89%), au candidat de l’UMP (43,94%) qui ne peut compter que sur une fraction du report des voix de l’extrême droite (4,05 + 3,08 = 7,13%).
Le choix pour le second tour des électeurs qui avaient confié leurs voix au Parti Pirate sera donc décisif, et pourrait faire basculer cette circonscription historiquement acquise à la majorité.
Il reste une chance de rejeter la loi HADOPI. Les parlementaires savent désormais que certaines lois qu’ils votent influent sur le choix des électeurs….
Les citoyennes et citoyens membres du Parti Pirate.
* CNIL : Commission Nationale Informatique et Libertés.
* ARCEP : Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes
* ISOC : Internet SOCiety (France)
* CEPD : Commissaire Européen à la Protection des Données
* GESTE : Groupement des Editeurs de Services en ligne
* ACSEL : Association de l’Economie Numérique
* ASIC : Association des Services Internet Communautaires
* APRIL : Association pour la promotion et la défense du logiciel libre
* Parmis lesquels des célébrités comme Gilbert Montagné, Cerrone, Francis Lalanne…
* Victoria Abril (actrice), Chantal Akerman (réalisatrice), Agathe Berman (productrice), Paulo Branco (producteur), Catherine Deneuve (actrice), Louis Garrel (acteur), Yann Gonzalez (comédien), Clotilde Hesme (actrice), Christophe Honoré (réalisateur), JP Limosin (acteur), Chiara Mastroianni (actrice), Zina Modiano (réalisatrice), Gael Morel (réalisateur), Eva Truffaut (artiste cinéaste, ayant-droit de François Truffaut), Brigitte Rouan (réalisatrice), Françoise Romand (réalisateur), Laurence Ferreira Barbosa (réalisateur), Santiago Amigorena (réalisateur), Jeanne Balibar (actrice), Luc Wouters (SRF), Jean Sainati (ex délégué de l’ALPA général de 88 à 2002), Pierre Cattan (producteur), Gilles Sandoz (producteur), Pascal Verroust (ADR productions), Timothy Duquesne (auteur), Agnès de Cayeux (auteur), Nathalie Chéron (directrice de casting), Gisčle Rapp-Meichler (cinéaste), Sylvain Monod (producteur, cinéaste)